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Échelle de confort

Posté : 26 juil. 2022, 17:49
par Yves Benisty
Bonjour,

J'a proposé une vidéo récemment sur la communication positive au smur. Le lien mène vers un passage où on évalue non pas la douleur mais le niveau de confort.

J'ai entendu parler de cette technique, mais je ne l'ai jamais utilisée. Si une personne se sert de cette méthode, j'aimerais bien son témoignage, entre autres est-ce que c'est facile, est-ce que c'est admis, est-ce qu'on peut établir un parallèle avec une échelle numérique, est-ce que ça fonctionne pour guider un titrage de la morphine ?

Et tout ce que vous pourriez m'en dire…

Merci

Re: Échelle de confort

Posté : 22 janv. 2026, 12:15
par Yves Benisty
Bonjour,

Je me réponds à moi-même après quelques essais…

En premier lieu, définir ce que c'est est quelles sont les motivations. Nous utilisons souvent l'échelle numérique pour l'évaluation de la douleur, en postopératoire, en médecine préhospitalière… C'est un bon outil, reconnu par les sociétés savantes. Mais… Il implique de définir les bornes, et les termes admis sont « Zéro c'est pas de douleur, et dix la douleur la plus intense que vous puissiez imaginer ».

En premier lieu, on s'aperçoit que ça implique pour le patient une abstraction : que vous puissiez imaginer, ça veut dire qu'il imagine, et qu'il comprend le subjonctif.

En deuxième lieu, j'évoque la signification implicite des nombres utilisés.

Zéro, c'est une mauvaise note, c'est un nombre nul (en mathématique, 0 est à la fois positif et négatif). Zéro à l'interro, je suis nul. Implicitement, je vais associer zéro à une mauvaise situation. Et inversement, dix est un nombre plutôt positif, avoir dix sur dix à l'interro signifie qu'on est content.

Pour couronner le tout, présenter l'échelle implique de dire plusieurs fois le mot « douleur » et « mal », des termes négatifs. « Je vais vous demander d'évaluer (ou de donner une note à) votre douleur, zéro vous n'avez pas mal (ou « aucune douleur »), et dix la douleur la plus intense que vous puissiez imaginer ».

À la place, certains proposent d'utiliser l'échelle de confort. Je peux la présenter ainsi : « Je vous propose d'évaluer votre confort. Dix, vous êtes parfaitement confortable, et zéro vous êtes au maximum de l'inconfort (ou « vous êtes très très inconfortable ») ». Je n'a'i pas prononcé les mots qui fâchent (ou qui piquent), et j'ai replacé les nombres utilisés dans leur situation habituelle dans l'inconscient collectif : dix c'est une bonne note, correspondant à une bonne situation, et zéro une mauvaise note, correspondant à une mauvaise situation.

Vous l'aurez deviné, pour l'évaluateur, ça implique de transformer la note obtenue par cette évaluation en calculant le complément à dix, en particulier pour la noter sur une feuille de surveillance.

J'utilise régulièrement avec succès cette méthode. Pour le soignant, je trouve qu'elle est facilement applicable, et j'ai proposé plusieurs arguments qui montrent des avantages pour le patient. Dans la réalité, je me heurte à quelques soucis pour la réaliser. En premier lieu, il faut que les autres interlocuteurs l'adoptent, ou que je sois le seul interlocuteur. En médecine préhospitalière par exemple, si j'évalue le confort à 10:00 et que le médecin évalue la douleur à 10:05, ça va perturber le patient.

Vos avis ?

Re: Échelle de confort

Posté : 23 janv. 2026, 03:34
par Yves Benisty
En complément, un lien vers une étude